Les fibromes utérins

Les fibromes utérins en quelques mots

Les fibromes utérins sont des tumeurs toujours bénignes localisées dans la paroi de l’utérus. Ils ont plusieurs noms: fibromes, myomes, léiomyomes. Les fibromes utérins sont très fréquents. Environ 3 à 4 femmes sur 10 présente des fibromes utérins. Bien heureusement, la grande majorité d’entre elles ne se plaignent de rien. La découverte des fibromes utérins est alors fortuite lors d’un examen clinique par le gynécologue ou lors d’une échographie réalisée pour une tout autre raison.

Les fibromes peuvent devenir très gênant et très invalidant à différents moments cruciaux de la vie d’une femme. Ils peuvent être responsables d’un gonflement du ventre, de douleurs abdominales et gynécologiques. On peut aussi voir l’apparition de règles très abondantes, de saignements en dehors des règles, d’une anémie, d’une difficulté à obtenir une grossesse… bien heureusement, de nombreuses solutions existent pour les traiter !

Les différentes variétés de fibromes utérins

L’utérus est un organe creux constitué d’une paroi épaisse et musculaire. Il possède également une enveloppe externe protectrice. La cavité de l’utérus est tapissée par une muqueuse à l’origine des règles. Les fibromes utérins sont des sortes de « boules » de tissu localisés dans la paroi de l’utérus. Leur nombre, leur taille et leur localisation sont très variables selon les situations. Le choix des traitements (sur lequel nous reviendrons longuement) dépend de toutes ces caractéristiques. Toutes les situation existent: d’un unique fibrome à une trentaine répartis au sein de l’utérus, d’une taille allant de quelques millimètre jusqu’à parfois 20-30 cm et pesant plus d’un kilogram.

Il existe trois types de fibromes utérins. Ils sont répartis selon leur position au sein de la paroi utérine, et responsables des différents symptômes que nous allons décrire.

  • Sous-séreux situés sur la partie la plus externe de la paroi utérine et donnant un aspect déformé à l’utérus.
  • Sous-muqueux situés sur la partie la plus interne de la paroi utérine, juste sous la muqueuse de l’utérus qui tapisse la cavité utérine. Ils déforment et agrandissent la cavité utérine.
  • Interstitiels ou trans-muraux situés au milieu de la paroi utérine et pouvant donner aussi bien un aspect déformé à l’utérus qu’à la cavité de l’utérus.

Les symptômes des fibromes utérins

Les fibromes peuvent être responsables de 4 grands types de problèmes :

  • Les problèmes de saignements

Les règles sont trop abondantes et/ou trop longues. Il peut également y avoir des saignements anormaux en dehors des règles.  Au delà du désagrément, ces saignements sont très fréquemment responsables d’une anémie et d’une carence en fer pouvant entrainer une grande fatigue, un essoufflement et une perte des cheveux.

  • Les douleurs pelviennes et gynécologiques

Tous les types de fibromes utérins peuvent être responsable de douleurs de règles, d’une pesanteur ou de douleurs au niveau du bas ventre. Ils peuvent également être responsables de douleurs lors des rapports sexuels. Parfois les fibromes utérins peuvent se compliquer et être responsables de douleurs très aiguës en cas de nécrobiose aseptique ou de torsion.

La nécrobiose aseptique des fibromes utérins est lié à une insuffisance transitoire d’apport sanguin vers le fibrome. Il s’agit d’une sorte d’infarctus du fibrome utérin qui provoque de très vives douleurs en regard de l’utérus, associé à une légère fièvre (38,5°). Cette complication est invalidante mais sans gravité, résolutive avec un traitement médical.

La torsion de fibrome utérin est plus rare. Il s’agit d’un fibrome sous-séreux, appendu à l’utérus qui se vrille sur lui même, provoquant de vives douleurs et nécessitant souvent une intervention chirurgicale en urgence.

  • Les troubles digestifs et urinaires

Lorsque les fibromes utérins sont très volumineux et / ou très nombreux, ils peuvent aller jusqu’à comprimer les organes entourant l’utérus comme la vessie, les voies urinaires et le colon. Dans ce cas, ils peuvent par exemple être responsables de constipation, d’envie fréquente d’uriner ou de difficulté à uriner. Ils peuvent parfois aller jusqu’à altérer le bon fonctionnement des reins.

  • L’infertilité et les fausses couches à répétition du premier trimestre de la grossesse

En raison de la déformation de la cavité utérine et des modifications de la muqueuse utérine, les patientes porteuses de fibromes utérins sont plus sujettes à l’infertilité et aux fausses couches du 1er trimestre de la grossesse. Un chapitre est dédié à cette question .

Les pathologies gynécologiques pouvant être confondues avec les fibromes utérins

Il existe d’autres pathologies gynécologiques fréquentes le plus souvent bénignes. Ils sont exceptionnellement maligne qui peuvent facilement être confondues avec les fibromes utérins. Il s’agit de l’adénomyose, des polypes de l’endomètre et du sarcome utérin.

  • l’adénomyose

L’adénomyose est une maladie gynécologique bénigne, très fréquente surtout chez les femmes entre 40 et 50 ans. Elle est due à la présence anormale de muqueuse utérine (à l’origine des règles) dans la paroi de l’utérus. L’association adénomyose et fibromes utérins est très fréquente et retrouvée chez 3 femmes sur 10. Les symptômes sont souvent identiques à ceux des fibromes utérins: règles abondantes, saignements entre les règles et douleurs pelviennes. Le diagnostic est souvent réalisé lors d’une échographie gynécologique par un radiologue compétent en imagerie gynécologique, puis confirmé lors d’une hysteroscopie diagnostique, voire une IRM pelvienne. Nous reviendrons sur ces examens dans la rubrique bilan. Les traitements associent les médicaments hormonaux et/ou la chirurgie.

  • Les polypes utérins

Les polypes utérins sont des excroissances de tissus développés au dépend de la muqueuse utérine responsable des règles. Ils sont très fréquents et dans la très grande majorité des cas bénins. Toutefois, chez la femme ménopausée ou proche de la ménopause, le diagnostic de cancer de l’utérus doit systématiquement être éliminé. Les polypes sont responsables de divers symptômes gynécologiques souvent identiques à ceux des fibromes utérins. Parfois, ils sont découverts de façon fortuite lors d’un examen de routine ou lors d’un bilan de stérilité. Le diagnostic est le plus souvent évoqué par l ‘échographie gynécologique et confirmé par l’hysteroscopie diagnostique. Nous reviendrons sur ces examens dans la rubrique bilan. Lorsqu’un polype est découvert, son ablation chirurgicale est réalisée de façon systématique car seul son analyse au laboratoire pourra confirmer son caractère bénin. L’ablation du polype a lieu par hysteroscopie opératoire. Il s’agit d’une intervention chirurgicale simple par les voies naturelles à l’aide d’une caméra.

Malgré ce traitement, les polypes utérins peuvent récidiver. Pour cette raison, chez les femmes proches de la ménopause ou qui n’ont plus de projet de grossesse, l’ablation de toute la muqueuse utérine peut se discuter.

  • le sarcome utérin

Le sarcome utérin est une tumeur maligne extrêmement rare dont l’aspect peut être exceptionnellement confondu avec celui d’un fibrome utérin. L’augmentation très rapide de taille et de volume d’un fibrome utérin doit faire suspecter ce diagnostique. L’IRM pelvienne permet souvent de confirmer ou d’éliminer cette suspiçion.